Le Bourgeois hautain

mardi, février 10, 2009

Les Français sont-ils arrogants?

Alors, est-ce que c'est le cas? La réponse est non. Sans doute, il y a des exceptions, mais ce paragraphe n'a pas d'autre visée que le général. Les Français forment un peuple affable et courtois, et sitôt que l'on dit être Québécois, on est en droit à s'attendre à toutes sortes d'effusions aimables de leur part. Lorsque les Français disent raffoler de l'accent "canadien", il n'y a pas un soupçon de malice ou de complaisance qui perce dans leur voix. Leur entretien est rapide et léger, généralement très engageant, et sans affectation de supériorité: loin de prétendre à une quelconque hauteur, loin de se voir sur un piédestal, les Français ne se privent pas de critiquer les défauts de leur propre patrie, et plusieurs s'interrogent sur la possibilité d'émigrer outre-Atlantique. Leur connaissance sur le Québec n'est pas si grande qu'on le voudrait, parfois ils ne sont pas sensibles à ce qui fait la différence entre le Québec et le Canada; mais la chose éveille leur intérêt, et ils reçoivent les explications qu'on leur prodigue avec une patience exemplaire.

D'où vient le préjugé d'arrogance qu'on attribue aux Français, alors? Rien à voir avec la boutade de Voltaire. Possiblement de leur façon d'échanger, plutôt. Tandis que les Québécois parlent avec des manières et un ton familiers, les Français s'expriment avec plus de formes, ils emploient un langage recherché et aussi plus élégant. Orateurs prolixes, ils ne détestent pas par ailleurs faire l'étalage de leurs connaissances, de sorte qu'ils finissent parfois par occuper tout l'espace. Un Québécois qui les côtoie peut s'en sentir abaissé d'une certaine façon , et de là à accuser les Français de prétention, la marche n'est pas haute. Plusieurs la franchissent.

dimanche, février 08, 2009

L'utilité de la religion

Attaquée partout, il fallait un non-croyant pour restaurer la religion du piédestal dont on l’a précipitée. À côté des crimes qu’on lui impute parfois à tort, la religion a rendu à l’humanité des services distingués, dont il faut lui rendre grâce si l’on se veut réconcilier avec notre passé. La religion a inspiré aux hommes nos prédécesseurs des monuments et des entreprises grandioses, devant lesquels notre œil admiratif s’incline avec admiration. Pour élever ces temples, les forces vacillantes de la volonté humaine n’auraient pas suffi: il fallait un aiguillon divin, la pensée qu’un être supérieur nous observe et consigne nos pensées bonnes et mauvaises en vue des les récompenser ou de les punir. D’autre part, la religion a constitué à tous les âges l’institution la plus stable et la plus durable, vers laquelle les hommes se sont tournés dans les périodes les plus sombres afin d’y recueillir la consolation et l’espoir, sentiments nécessaires au repos de l’homme. Elle a conféré une légitimité accrue à des pouvoirs chancelants, permettant d’instaurer la paix là où l’anarchie n’aurait trouvé aucune borne; et tous les pouvoirs ne sont pas mauvais.

La religion apprend aux hommes à modérer leurs passions et à contenir la sphère de ce qu’ils estiment possible ou souhaitable. Il n’est pas vrai que là où la religion est observée fidèlement, la violence est courante: dans le dernier siècle, les régimes les plus meurtriers – nazisme, communisme, maoïsme – se sont tous caractérisés par un refus catégorique des religions instituées. La religion est en elle-même contraire à la violence, dans la mesure où elle enseigne à voir dans autrui un égal. C’est ainsi que dans l’Amérique coloniale, ce sont des prêtres qui ont été les premiers à défendre les droits naturels des populations indigènes. Il est facile de faire la liste des guerres de religion dont l’histoire est remplie, sans voir que les religieux sont aussi les premiers à appeler à la réconciliation entre les croyances. Le présent pape ainsi que le précédent ont multiplié les voyages dans le monde afin de promouvoir un message de paix avec l’Islam.

Et qui a dit que la religion est contraire à la recherche scientifique? Longtemps, la science est apparue aux chercheurs comme le moyen de sonder la perfection divine à travers une connaissance plus approfondie de la nature. À l’époque de Galilée, les Jésuites formaient un ordre extrêmement respecté pour son érudition dans les sciences et les mathématiques, et le rôle des clercs comme dépositaires du savoir pendant le Moyen-âge est connu. La religion n’exclut pas davantage l’intelligence, elle n’est pas comme on aime à le prétendre le fait d’âmes faibles. Des hommes et des femmes que leur renommée indique à notre vénération n’ont pas fait mystère de leurs croyances religieuses: des esprits éclairés comme Descartes ou La Bruyère, des conservateurs comme Burke et Chateaubriand, des républicains comme Victor Hugo, plus près de nous des libéraux comme Claude Ryan ou Barack Obama. Cette foi n’était pas aveugle, elle était la somme d’expériences et de réflexions d’une incommensurable richesse. La religion n’est pas une aberration, et son retour au-devant de l’actualité alors qu’on la croyait disparue montre qu’elle répond à un besoin pressant chez l’homme, le souci d’obtenir une réponse cohérente et raisonnable aux questions qu’il se pose sur son état. «L’incrédulité est un accident, a écrit Tocqueville; la foi seule est l’état permanent de l’humanité.»

La religion est pareille à un monument. Lorsque, penseurs du XXIe siècle, nous passons devant elle comme le voyageur qui vogue sur le Nil voit les pyramides immobiles passer devant lui, songeons à nous découvrir. C’est une noble création humaine que nous laissons derrière nous.

samedi, février 07, 2009

Centralisation et décentralisation

Un retour rapide sur les avantages de la décentralisation par rapport à la tendance inverse. Une prise de décision décentralisée produit souvent des résultats optimaux car elle permet de prendre en compte les spécificités de chaque milieu et d’adapter les mesures adoptées en conséquence: les besoins des acteurs sont négligés lorsque des normes sont appliquées de façon uniforme sans distinction de contexte. Également, la décentralisation conduit à la responsabilisation des membres d’une société: ne dépendant que de leur propre industrie, les citoyens sont plus actifs et font preuve de plus d’imagination que lorsqu’ils doivent attendre l’impulsion ou l’autorisation du sommet avant d’agir. Par ailleurs, il se crée tout à la fois une émulation et une compétition entre la multitude des pouvoirs locaux qui se côtoient dans un régime politique décentralisé: ceux-ci peuvent s’inspirer des formules qui ont réussi à leurs voisins, et ils sont constamment forcés de revoir leurs méthodes et d’offrir des services de grande qualité à leurs commettants, au risque de les voir quitter pour une autre région mieux desservie. La décentralisation amène chaque individu à entrer en rapport avec ses semblables afin de voir au bon fonctionnement de la collectivité, à un niveau où il est aisé de demander des comptes; la centralisation éloigne l’autorité du citoyen et en concentre l’exercice dans un centre inaccessible et peu imputable par rapport à ses choix.

vendredi, février 06, 2009

Les championnats

Un commentaire sur le sport; il n'y en aura pas souvent.

Il m'est difficile de comprendre pourquoi les amateurs de sport s'emballent si facilement à l'idée que leur équipe locale remporte un championnat. Passe encore pour les joueurs: un tel succès constitue l'accomplissement d'une carrière. Mais les amateurs! Ils n'ont pris aucune part à cette victoire, sinon celle de payer leurs billets un peu trop chèrement: ils n'ont fait preuve d'aucune habileté ni consenti aucun sacrifice qui justifie de célébrer de la sorte. La victoire ne signifie pas non plus aucun surcroît de gloire pour leur ville. Cela n'est pas dur à prouver: moins d'un an après un championnat, la plupart des amateurs ont tout à fait oublié laquelle franchise a gagné qui le Super Bowl, qui la Série mondiale, qui la coupe Stanley. Une grande partie de ceux qui écoutent les finales ne le font que parce qu'il s'agit d'un prétexte commode de se rassembler, et non pour connaître le résultat en lui-même, qui signifie bien peu pour eux. Le seul trait d'un championnat qui risque peut-être de durer, ce sont les actes de vandalisme que les amateurs indisciplinés commettent au soir du triomphe. Quoi dire de plus? Les amateurs tireraient un plaisir plus grand de leur loisir préféré s'ils cessaient de caresser les chimères d'un improbable championnat, et qu'ils s'appliquaient seulement à en apprécier les parties une à la fois.

mercredi, février 04, 2009

Lingua universalis

Certains éprouvent le regret de l'époque où le français constituait une langue universelle, où elle était parlée dans toutes les cours européennes et utilisée dans toutes les communications internationales. Ils voudraient pour la langue française cet honneur qui revient actuellement à l'anglais. Je ne suis pas de ceux qui ont cette nostalgie en partage: amoureux fervent de la langue de Molière, j'abandonne volontiers cette marque de distinction si trompeuse à sa concurrente.
.
Ce n'est pas un sort spécialement réjouissant, après tout, celui qui est réservé à l'anglais: connu imparfaitement de la majorité des personnes qui le parlent, il est déformé, mal utilisé, avec toutes sortes de fautes de grammaire et de syntaxe qui mettraient un Byron ou un Joyce au désespoir. Afin de refléter les particularités locales, il est également enrichi de toutes sortes de termes éclectiques qui lui font perdre sa saveur proprement anglaise, sa tradition et son originalité historique. Hors des pays anglophones, il est généralement employé sans aucune affection: il ne sert qu'à des transactions commerciales ou à des discussions formelles, et lorsque vient le temps d'exprimer la passion, le désir, l'émotion, on s'empresse de délaisser l'anglais et de revenir à sa propre langue. Pour cette raison, on tend à considérer l'anglais comme une langue froide et de peu d'intérêt, alors qu'au contraire elle recèle des richesses immenses et insoupçonnées. Si je devais encore m'en convaincre, j'ai lu récemment quelques extraits des Sonnets de Shakespeare, auxquels j'ai trouvé une force d'expression que j'ai rarement observée ailleurs. Le français est assurément une langue trop belle pour qu'on la laisse s'abîmer dans la bouche de peuples qui ne l'aiment pas aussi follement que nous-mêmes.
.
***
.
J'ajoute à ceci un second avantage, moins considérable: les anglophones, qui peuvent se faire partout entendre, sont bien embarrassés lorsqu'il leur faut trouver l'énergie pour apprendre une langue seconde. Au contraire, pour les Français, Allemands, Italiens et autres, il s'agit d'un réflexe qui vient spontanément, et il n'est guère besoin d'insister sur l'utilité à tous les points de vue de connaître plus qu'une seule langue.

mardi, février 03, 2009

Interrompre le financement des écoles privées?

Il n’est pas raisonnable de vouloir supprimer les subventions décernées aux écoles privées (voire de procéder carrément à leur abolition) de manière à rendre le réseau public d’éducation plus attrayant. L’argument de l’égalité entre les élèves est irrecevable, dans la mesure où la vitalité des écoles privées est une bénédiction pour tous les élèves sans distinction. D’une part, évidemment, les enfants inscrits dans les écoles privées obtiennent régulièrement des résultats nettement au-dessus des notes acquises par la moyenne des élèves au Québec. D’autre part, le fait que des parents consentent à débourser des sommes additionnelles pour inscrire leurs enfants dans un établissement privé fait en sorte de dégager le gouvernement de certaines de ses obligations monétaires envers ceux-ci, et le rend mieux capable d’offrir un service acceptable aux enfants qui fréquentent le système public d’éducation. La présence d’écoles privées dans un secteur suscite une saine compétition qui oblige en outre les écoles publiques à rehausser la qualité de leur enseignement, afin que leur clientèle ne soit pas tentée de se tourner vers un service réputé meilleur. Il est bon de même que les parents disposent d’un recours facilement accessible lorsque l’institution qui dessert leur quartier est décidément défaillante. Interrompre le financement des écoles privées, c’est prendre le risque de se couper de ces avantages, et d’autres encore. L’enjeu du débat, la formation intellectuelle d’un enfant, est trop important pour qu’on veuille abandonner celle-ci au seul hasard de tomber sur une école bonne ou mauvaise.

samedi, janvier 31, 2009

Les cinq plus belles places d'Allemagne

Ce qui fait souvent la beauté des villes européennes par rapport à nos sordides agglomérations nord-américaines, est qu’elles sont construites selon un plan circulaire, de sorte que l’activité humaine y converge tout naturellement vers un point central. Les bâtiments les plus somptueux des villes sont ainsi concentrés dans ces places principales, comme pour satisfaire le plaisir des visiteurs. Pendant l’année que j’ai passée en Europe, j’ai eu l’occasion de visiter la plupart des villes remarquables d’Allemagne. Dans cet article, je trace rapidement les traits des cinq plus belles places du pays de Goethe et de Schiller, afin de donner matière à réflexion à ceux qui, résolus de voyager, balancent encore sur les destinations qu’ils choisiront.

La Marktplatz de Brême
Au centre de la place trône une imposante statue de Roland, surmontée d’un blason gravé d’un aigle. Roland est le protecteur de Brême, la deuxième ville la plus peuplée du nord du pays après Hanovre: une légende veut que la cité sera préservée de toute calamité grave tant que son protecteur veillera sur elle. Tout près de là se trouve le Schütting, l’actuelle chambre de commerce de la ville. Cette construction vieille du XVe siècle arbore sur son toit deux statues de femmes assises ainsi qu’un fronton sur lequel est gravé un navire, symbole du passé maritime et commercial de la ville hanséatique. À l’opposé de la place se dresse l’hôtel de ville, sans doute le plus bel édifice de Brême: son aspect est rehaussé par un luxe d’ornementation inouï, des arcades au niveau du sol, et une rangée de statues qui figurent d’anciens souverains de la ville. Au sous-sol de l’édifice, les visiteurs se pressent pour observer le site d’une brasserie où le premier tonneau de vin a été conçu en Allemagne, en 1653. Un peu en retrait, les deux tours de la cathédrale de Brême atteignent une hauteur impressionnante du haut de leurs 99 mètres. Fait intéressant: il n’est pas rare de voir en Allemagne des phrases écrites sur la devanture des maisons. Sur l’un des immeubles de style néogothique qui complètent la Marktplatz apparaît l’inscription suivante, en lettres massives: «Pense à ton frère, qui demain pourrait t’être arraché!»

La Theaterplatz de Dresde
Dresde est l’ancienne capitale des ducs de Saxe, qui ont longtemps exercé une influence primordiale sur les destinées de l’Allemagne. Pendant un certain temps résidence du roi de Pologne, la ville s’est hérissée de châteaux et de palais splendides de goût et de recherche, et cette magnificence n’est nulle part plus ostentatoire que sur la Theaterplatz. Baignée par le cours de l’Elbe, qui poursuit sa route tranquille jusqu’à la mer du Nord, la vaste place est délimitée d’un côté par le Semperoper, un opéra prestigieux où se sont produits notamment Weber et Wagner, deux illustres compositeurs allemands. À gauche de l’opéra se retrouve le Zwinger, palais immense et circulaire que le duc Auguste a commencé de bâtir au XVIIIe siècle au retour de Versailles, afin de rivaliser d’éclat avec la cour française. Il est aujourd’hui utilisé comme musée d’art. Un peu plus loin s’élève l’ancienne résidence des ducs de Saxe, un autre important musée où l’on retrouve les joyaux et bijoux de l’ancienne monarchie, et la Hofkirche, une église très belle avec son toit vert et ses deux rangées de statues au sommet. Enfin, au milieu de la place s’élève une statue équestre de Jean, le tout dernier monarque de Saxe. L’éclairage nocturne est spectaculaire.

La Römerberg de Francfort
Cette place a une importance décisive dans l’histoire de l’Allemagne. Plusieurs couronnements d’empereurs y ont pris place: le fameux écrivain Goethe, originaire de Francfort, a décrit celui de Joseph II, en 1764. Elle constituait aussi un camp militaire à l’époque romaine, et le lieu d’une cour royale à l’époque mérovingienne. Au centre de la place se trouve une fontaine couronnée d’une statue de couleur verte: c’est une allégorie de la justice déguisée sous les traits d’une jeune femme portant une épée et une balance. La Römerberg est circonscrite d’un côté par le Römer, qui fait office d’hôtel de ville: l’édifice d’un rose très pâle est composé de trois façades distinctes surmontées chacune d’un pignon à gradins. À l’opposé se trouvent d’anciennes maisons à colombages (c’est-à-dire décorés avec une ossature de bois) qui portent des noms évocateurs, le Grand et le Petit ange, par exemple. À un peu de distance mais visible de la Römerberg, la cathédrale Saint-Barthélemy est l’édifice religieux le plus important de Francfort: élevée dès le XIVe siècle, elle fut pendant un certain temps un symbole de l’unité allemande retrouvée. En 1933, après l’arrivée au pouvoir des nazis, des rassemblements ont été organisés sur la place afin de brûler des livres proscrits. En commémoration de ces évènements, une citation de Heinrich Heine a été gravée sur le sol: «Là où on brûle des livres, on finit par brûler des hommes.»

L’Odeonsplatz de Munich
Au début des années 1920, dans un climat d’effervescence, un jeune caporal autrichien du nom d’Adolf Hitler tente un soulèvement dans la capitale de la Bavière afin de renverser la démocratie vacillante. À la tête de sa troupe indisciplinée, il rencontre la police sur l’Odeonsplatz et, après une courte échauffourée, il est forcé de fuir et arrêté peu de temps après. Pour cette raison, cette place est devenue à partir de 1933 l’un des symboles de la propagande nazie et, effectivement, elle est remarquable. Il s’y trouve un petit bâtiment qui sort de l’ordinaire, le Feldhernhalle: de hautes colonnes et un toit voûté gardent dans une pénombre continuelle les monuments de militaires allemands distingués. Tout juste à la droite de cet immeuble singulier se dressent les deux tours jaunes de la Theatinerkirche, une église d’apparence belle et légère, couronnée d’un dôme. Un peu plus loin, les ministères des Finances et de l’Intérieur bavarois sont logés dans les locaux de deux palais sobres mais élégants, qui datent probablement du XVIIIe siècle. À peu de distance, une porte colossale donne accès à la Résidence, un palais muni d’une colonnade où les souverains de Bavière siégeaient depuis le Moyen-âge. C’est ainsi que ce qui faisait le désespoir des Allemands il y a deux cents ans, fait aujourd’hui les délices des promeneurs: à chaque grande ville son prince; et à chaque prince son domicile princier; l’Allemagne n’en manque pas.

La Schlossplatz de Stuttgart
Dans l’ensemble, la capitale de l’État de Bade-Wurtemberg est peu attrayante: comme tant d’autres cités ravagées par la Seconde Guerre mondiale, elle a été reconstruite dans le goût des architectes de l’après-guerre, de sorte qu’elle a perdu beaucoup de la splendeur qui la caractérisait autrefois. De cet engloutissement malheureux, la Schlossplatz a seule échappé. Énorme et délicat, massif et gracieux, le château des ducs de Wurtemberg est l’une des résidences princières les plus admirables du pays; il est typique de l’architecture du XVIIIe siècle, qui fait la part belle aux statues et aux ornements. Ceci est le nouveau château: un peu plus loin se dresse le vieux château, qui a des allures de fortin avec ses murs austères et ses tourelles aux extrémités. La cour intérieure, riche en arcades et en balustrades, est surprenante. La place est aussi charmante car elle est parsemée de fontaines ainsi que d’une immense colonne, décorée de fresques et de statues, qui fut élevée au milieu du XIXe siècle. Enfin, tout aussi digne d’intérêt est le Marquardtbau, un hôtel réputé qui peut revendiquer des hôtes tels que Liszt, Bismarck et Wagner.